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Jeudi 18 Septembre 2008 à 22:15
Cri du corps
Je veux une copine, une nouvelle maison, de préférence un appart, pour moi toute seule, je veux mourir, je veux pleurer, je veux rire, je veux danser, je veux tout ce que je n'ai pas le courage de faire.
Je veux l'hiver, la neige, le froid, les bus qui ne passent pas, le bruit des autos qui avancent doucement sur la poudre. Je veux maman, je veux faire des photos, je veux de l'argent, sortir le soir, boire de la bière, de la débauche et aucun remords. Surtout, pas les regrets. Je veux avoir 13 ans, me couper, me doucher, me souler, vomir mon diner, ma joie, ma rage, ma vie. Je veux être aimée, regardée, admirée, cherchée.
Je veux pu être responsable, ni de moi, ni de rien. Je veux avoir une voiture, m'éclater 10 minutes à 180 et m'éclater contre un mur. Je veux du blanc, du gris, de la lumière, du vent.
Samedi 20 Septembre 2008 à 01:15
Je marche, la tête dans le vide. Mes pieds sont lourds sur le sol et ma tête penche par avant, pas le bas, vers le fond. Je coule dans une 6ème dimension, un genre de coma cérébral partiel. Je n'ai pas faim, j'ai besoin de me sucrer. Je n'ai pas envie de mourir, j'ai juste pas envie de vivre. C'est pas que j'ai la flemme, c'est que je vois pas l'intérêt. Je ne souffre même pas, c'est un grand espace vierge.
Placidité de mon rythme cardiaque.
J'aimerais aller chasser, nager jusqu'à é-puisement, apprendre à me battre. Je veux me soûler de vent, de froid et de sang. Je veux être blessée, sur la peau, pour de vrai pour une fois. Arrêter les vanités, les banalités, les formalités. Suer pour une nécessité, un besoin vital. Suer jusqu'à ce que mes larmes ne soient plus salées. Me déshydrater jusqu'à ne plus pouvoir réfléchir, cerveau séché, dégraissé, péri.
Ne plus avoir de vivres, vivre quand même. En attendant la pluie.
Les jours sont interminables alors que les années coulent comme des cascades et nous écrasent. Tôt ou tard, à vivre sans le savoir, sans l'aimer, sans le vouloir, on développe une sorte d'amertume qui nous rend méchant.
Je suis déjà méchante, et j'aime pas les gens.
Est-ce que tout est foutu ?

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*Shutter-Scene's Portrait Contest - 1st place





Devious Comments
aussi !!!
il est bon de crever tous ces abcès au limite de la jouissance...
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lè
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...
Boris Vian
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